bye bye bye to all of the noise

-j'me dis parfois que j'aimerais bien être dans vingt ans, pour voir où on en est.. ce qu'on est devenu, ce qu'on fait, ce qu'on a dans la tête, quelles sont nos valeurs, ce(ux) qu'on aime et ceux qui nous entourent encore..
-dis pas ça, dans vingt ans, y'aura plein de morts autour de nous.

juste un peu un peu un peu de douceur.
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# Posté le mercredi 01 juillet 2009 17:17

je m'suis réveillée en sentant des baisers sur mon front brûlant.

(il est impossible de protéger du malheur ceux qu'on aime : j'aurai mis longtemps pour apprendre une chose aussi simple. apprendre est toujours amer, toujours à nos dépens. je ne regrette pas cette amertume.)


une fleur qui s'invente un printemps pour deux sous.
j'avais oublié tant de belles choses, j'avais oublié.. où avais-je les yeux?
j'ai trouvé dans un vieux livre, que j'ai relu cent fois, un monde où il fait bon vivre, quitte à vivre sans toi. (adamo)


ma respiration contre son dos endormi.

# Posté le lundi 04 mai 2009 19:03

Modifié le mercredi 13 mai 2009 15:45

/ elle s'éveille la nuit / pour s'étonner de tout ce qui l'a remplacée. (eluard)

salut marin, bon vent à toi. tu as fait ta malle, tu as mis les voiles.
je sais que tu n'reviendras pas.
on dit que le vent des étoiles est plus salé qu'un alizé
plus entêtant qu'un mistral
au revoir marin, tu vas manquer

au revoir marin, tu vas manquer.. tes yeux bleus, ton air d'amiral

salut marin, bon vent à toi.. j'te dis bon vent, mais ça m'fait mal.
car marin tu emportes avec toi
toute notre enfance de cristal
et notre jeunesse de miel
et tous nos projets d'arc-en-ciel


l'horizon à toi se rappelle
vous les marins vous êtes ainsi,
vous ne savez rien d'autre que partir
vous les marins vous êtes cruels,
vous nous laissez au large de vos souvenirs

vous les marins vous êtes sans coeur
vous préférez la mer à
et les sirènes de chaque port
à vos mères à vos femmes et à vos soeurs

la vie marin passe sans bruit
comme autrefois tout en secousses
quelquefois c'est la houle et le roulis
et quelquefois la vague est douce


alors je fais comme il se doit
je vis tranquille au bord d'un précipice
marin tu serais fier je crois
je vis de face le vent aux trousses..


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# Posté le samedi 04 avril 2009 10:33

tout c'qu'on n'a pas manqué

Petites pensées presque nocturnes.. Sur le bord de l'écran de l'ordi, y'a une photos de nous 4. Adrien doit avoir 6 ans, Basile un an.. Si on compte bien, Manon en a trois et j'en ai quatre, ou un truc dans le genre. Ca va beaucoup trop vite, beaucoup trop pour moi. J'me suis pas vue grandir, j'me suis pas toujours bien observée évoluer. Quand je vois les photos de mes quinze ans j'me dis qu'y a un monde entre celle que j'étais et celle que je suis maintenant. Mais des choses restent. Des choses importantes. Mes amitiés les plus importantes sont toujours les mêmes, d'autres s'y sont rajoutées bien sûr. D'autres s'en vont... Est-ce normal? Est-ce facile? Les gens peuvent-ils vraiment changer? Les sentiments s'écraser? Le pétillant se faner? Visiblement.. J'ai mal à la tête et des trous au coeur. Mais j'peux rien y faire. Alors, j'me dis que Piece by piece.. Tout ça va s'estomper. Le temps file, j'ai tout à faire sauf en perdre une miette. Qu'est-ce que c'est que cette nouvelle force? Je ne sais si c'en est une. Mes pensées les plus tristes sont tout au fond. Je les extirperai petit à petit je pense.. "Puisqu'il faut apprendre à défaut de comprendre (..) et vivre des "ainsi soit-il" Une sorte de résignation? Bien sûr tout est cassé.. Tout ce qui a été (trop) donné est perdu, perdu, perdu. L'amour, la confiance, l'envie, l'espoir, l'amour, l'amour, l'amour. Mais pas ma vie. Et pas moi. Bien sûr j'suis plus tout à fait la même maintenant, et j'serai plus jamais cette personne trop naïve et , mais.. Limiter les errances. Une bonne dose de déception, d'incompréhension.. mais aussi une belle montagne d'envies de vie, d'instants à dévorer, de gens à découvrir, de destins à apprivoiser. "J'ignore à quel métier se tissent amour et tristesse, j'ignore comment faire vie de velours.." et je l'ignorerai sans doute jusqu'à ma fin, comme tout le monde. Quelle est la recette? Peut-être.. peut-être n'accorder de l'importance qu'aux belles choses, aux rires vrais, aux gens là. A ceux qui restent.

# Posté le vendredi 07 novembre 2008 20:19

Modifié le samedi 10 janvier 2009 03:27

Philippe Delerm

C'est au début de l'été. Il fait très beau. La vie semblerait si facile. Petit matin dans la lenteur du café chaud, soirs grenadine à l'eau dans un jardin qui se prolonge -silence, chèvrefeuille et cigarette.
On n'aura rien de tout cela. C'est à cause du bac, ou d'un autre examen, pis encor, d'un concours. Mais c'est la même chose. Le soleil prend l'implacable dureté du destin grec. Voilà. On a juste l'âge qu'il faut pour savourer le monde : on vous oblige à le jouer à pile ou face. C'est inscrit quelque part, peut-être comme l'aigre revanche des plus vieux. On s'embarquait tranquillement vers soi-même, on était amoureux. Alors on vous distille cette angoisse à déchiffrer sur des feuilles collées aux portes des lycées, à pianoter sur un minitel dans le silence fiévreux d'un vestibule. -Le ronron tout proche de la télévision parle déjà du tour de France. Une brûlure au coeur de la poitrine, cette sensation insupportable que partout ailleurs la vie est bonne, les cerises à cueillir. Parfois, les autres sont déjà partis en vacances. Si l'on est refusé, il faudra faire semblant de vivre aussi l'été, les plages de Bretagne, en se disant : l'année prochaine on recommence. Mais pour l'instant, on est en équilibre sur le fil.
On n'est pas très content de soi. On sait que le succès vous rendrait bête, veule, qu'on balaierait d'une joie banale, familiale, cette mélancolie profonde et douce où l'on se sent si près de soi, à la fin de l'adolescence, entre l'amour, l'été, les examens et la vie à traverser. Il vraudrait mieux rater, pour se sentir fidèle.
Mais il fait chaud, les robes sont légères, un sprinter belge a gagné la première étape de plat, et l'on espère malgré soi. Avant l'oral, on va à la piscine.
Philippe Delerm

# Posté le mardi 13 mai 2008 13:05